|
EMIGRATION
Emigration ukrainienne dans le monde
L’angle du boulevard Saint Germain et de la rue des Saints Pères caractérisé par la proximité de la Cathédrale gréco-catholique ukrainienne et du square Tarass Chevtchenko, a constitué depuis la seconde moitié du XXème siècle le lieu de rencontre le plus important de l’immigration ukrainienne en France. Dépossédés de leurs droits, de leur identité et de leur terre par des puissances étrangères, les Ukrainiens furent des dizaine de milliers à émigrer en France où leur travail a représenté un apport incontestable à son histoire économique, sociale, culturelle et politique. Fin du texte. Cette plaque résume très bien le devoir accompli par tous les émigrants ukrainien en France.
Un hommage chaleureux pour toutes ces femmes et ces hommes venus d’Ukraine, a été rendu par M. Pierre Schapira, député européen, adjoint au Maire de Paris, chargé des relations internationales, ainsi que par Mr Olivier Passelecq, adjoint au maire du 6ème arrondissement.
Mr Yuriy Sergeyev, Ambassadeur d'Ukraine en France a lu une lettre de Mr Victor Youchtchenko, président de la république d'Ukraine pour cette cérémonie soulignant l'importance de l'apposition de cette plaque commémorative relatant la longue histoire des relations franco-ukrainiennes.
Dans une touchante allocution, Mr Jacques Chevtchenko, président de l'Union des Français d'Origine Ukrainienne rappelait le devoir de mémoire envers tous ces femmes et ces hommes qui ont tout abandonné pour venir chercher en France une terre d’asile accueillante. Très bien intégrés ils ont néanmoins transmis leur mémoire pour leur ancienne patrie.
Au cours de son histoire tragique et contradictoire, la nation ukrainienne a dispersé dans le monde entier une quantité considérable de ses fils et filles de plusieurs générations. La plus grande partie d'Ukrainiens habite les Etats-Unis (presque 2 millions).Un million habite le Canada. Ensuite, par la quantité de population, viennent la Roumanie et la Pologne (500 mille), le Brésil, l'Argentine (plus de 250 mille), la Tchécoslovaque (100 mille), la Yougoslavie (60 mille). 40 mille Ukrainiens habitent la France, 35 mille -l'Australie, 25 mille -l'Allemagne, plus de 20 mille - la Grande-Bretagne, de 10 à 15 mille compte le Paraguay. Dans les autres pays, la quantité d'Ukrainiens est moins considérable. Par exemple, en Autriche i1 y en a plus de 5 mille, en Belgique - plus de 4 mille, en Hongrie - près de -3 mille, en Suède - plus de 2 mille, au Venezuela - un mille et demi, en Hollande - presque mille, au Danemark et en Nouvelle-Zélande par un 500.000 Ukrainiens. Et enfin, de quelques dizaines à quelques centaines d'Ukrainiens habitent l'Espagne, la Norvège, la Suisse, la Finlande.
Dans le monde occidental on compte plus de 6 millions de personnes d'origine ukrainienne.
Des dizaines de milliers de familles de paysans ukrainiens ont été déportés dans des régions éloignées de l'URSS au temps de la dékoulakisation ils sont à ce jour retenus contre leur gré. Un million vivent dans la région de Brest-Litovsk en Biélorussie
La russification et la dénationalisation d'une partie considérable des Ukrainiens qui ont vécu en ex-URSS rendent difficile l'évaluation quantitative de la diaspora ukrainienne. Mais malgré toutes ces conditions désavantageuses, dans plusieurs régions les Ukrainiens ne perdirent ni leur langue, ni l'intérêt porté à leur histoire et à leur culture. Par exemple, en Russie, à Moscou et dans sa région plus d'un million de personnes continuent à se considérer Ukrainiens. C'est pour eux qu'on vient de créer une Université ukrainienne à Moscou.
La communauté ukrainienne de France
On estime aujourd'hui le nombre des Ukrainiens de souche à vingt-cinq / trente mille personnes, dont la majorité, née en France, est assimilée. Ils sont présents sur l'ensemble du territoire français, notamment à l'Est (Thionville, Nancy, Metz, Strasbourg, Sochaux, Colmar, Mulhouse...), où ils étaient six mille cinq cents au début des années 90, à Paris et dans le Centre (Bois d'Arcy, Saint-Germain-en-Laye, Sarcelles, Melun, Orléans, Reims : 6.000 personnes), le Sud-Est (Lyon, Saint-Étienne, Grenoble, Dijon : 5.800), le Nord (Lille, Roubaix, Lens, Amiens : 3.800), le Sud-Ouest (Bordeaux, Toulouse, Lourdes, Béziers : 2.200) et le Nord-0uest (Rouen, Caen, Evreux : 1.500). Très peu d'Ukrainiens se trouvent dans l'Ouest et dans le Sud, c'est-à dire au bord de la Méditerranée et de l’Atlantique (1.000 environ)
La première vague durant la période de la fin du XIXème s. jusqu'à 1914.
Les paysans sans beaucoup de terre et avec des familles nombreuses habitant les régions occidentales de l'Ukraine sous domination austro - hongroise durent chercher du travail au-delà des mers. En 1914 les Ukrainiens aux États - Unis étaient environ 250 - 300.000. Ils travaillaient pour la plupart dans des mines et des usines métallurgiques. Quelques 170 000 Ukrainiens ont déménagés au Canada où ils ont travaillé sur les terres vierges. Des dizaines de milliers d'Ukrainiens partirent au Brésil, en Argentine et dans d'autres pays d'Amérique du sud. Plus de 500.000 Ukrainiens ont dû quitter leur pays natal avant la première guerre mondiale.
Durant la période de 20 ans entre les deux guerres, elle a causé le départ d'Ukraine de plus de 200.000 émigrés. Pour la plupart ce furent des émigrés politiques - soldats et officiers de la UNR, des fonctionnaires, des intellectuels. La Pologne, la Tchécoslovaquie, l'Allemagne et la France les ont hébergé. Surmontant d'importants obstacles matériels les émigrés ukrainiens fondèrent des organisations politiques, sociales, culturelles et scientifiques, et firent connaître les problèmes de l'Ukraine à l'opinion publique de l'Europe Centrale et Orientale
La troisième vague de l'émigration ukrainienne s'est produite au cours de la deuxième guerre mondiale et dans les années qui suivirent.
En 1942 - 1944 le pouvoir nazi d'occupation a déporté pour des travaux forcés en Allemagne plus de 2 millions de jeunes Ukrainiens et Ukrainiennes. La plupart sont revenus après la guerre en Ukraine, mais 210.000 environ ont préféré rester en Allemagne. Cette vague comprenait aussi 10.000 combattants ayant participé à la guerre contre l'armée soviétique, en particulier les soldats de l'UPA. Parmi les évadés de l'Ukraine qui ne voulaient pas rester sous le pouvoir communiste, il y avait plusieurs hommes instruits qui ont augmenté les forces intellectuelles de la diaspora ukrainienne. Les émigrés de la troisième vague allèrent vivre en RFA, en Grande Bretagne, en France, au Brésil, au Canada, aux USA, en Australie.
La diaspora ukrainienne a vu se développer dans son sein une grande activité dans les domaines de l'éducation et de la recherche. Dans certaines universités canadiennes on enseigne la langue ukrainienne, la littérature et l'histoire de l'Ukraine. C'est aux État - Unis que fonctionne l'Académie Ukrainienne Libre des sciences, à l'université de Harvard on a fondé quelques chaires des études ukrainiennes et un institut. En Allemagne c'est l'Université Ukrainienne Libre qui mène un travail scientifique et pédagogique intense à Munich. En France la Société Scientifique T. Chevtchenko d'Europe Occidentale prépare et publie " l'Encyclopédie Ukrainienne ", elle vient de terminer l'édition en langue ukrainienne.
|